Monsieur Seck,C’est avec une profonde stupéfaction que l’opinion publique a pris connaissance de votre tribune en réponse à Maître Robert Bourgi. Vous draper dans la posture du censeur moral pour qualifier un éminent avocat de « mercenaire » constitue une singulière inversion des valeurs. Prétendre disqualifier un acteur majeur des relations franco-africaines, alors que votre propre parcours est jalonnel de controverses éthiques, exige une mise au point méthodique.
Pensez-vous un seul instant que les pères fondateurs de nos nations, les présidents Félix Houphouët-Boigny et Omar Bongo Ondimba, dont la rigueur et le sens de l’État guident encore notre continent, auraient accordé leur confiance à un collaborateur d’occasion ? Ces grands hommes d’État étaient d’une exigence absolue dans le choix de leur entourage. Pénétrer leur premier cercle supposait une stature intellectuelle et morale bien éloignée de la vôtre. Maître Robert Bourgi y occupait une place de choix. Ce fait historique indiscutable suffit à invalider vos analyses de circonstance.
Votre argumentation s’effondre tout autant lorsque vous le prétendez mis à l’écart des médias français. L’observateur attentif de l’actualité internationale sait pertinemment que les grands plateaux de télévision sollicitent régulièrement l’expertise de Maître Bourgi pour la pertinence de ses analyses et l’audience qu’il suscite. À l’inverse, quelle institution médiatique d’envergure vous accorde aujourd’hui sa tribune ? Votre collaboration passée au sein de la rédaction de Jeune Afrique appartient au passé et ne saurait suffire à légitimer vos dérives actuelles.
Le voile d’objectivité dont vous tentez de vous couvrir ne saurait occulter une réalité factuelle incontestablement lourde. Votre parcours est marqué par de sérieux antécédents judiciaires qui altèrent définitivement votre crédibilité morale. Faut-il rappeler votre condamnation pénale pour viol, un acte d’une extrême gravité qui a conduit à votre incarcération ? Faut-il énumérer vos multiples démêlés avec la justice pour diffusion de fausses informations, vos condamnations récurrentes pour diffamation, ainsi que vos interpellations pour des soupçons de chantage médiatique ? Un acteur de la presse ayant accumulé de tels manquements face aux lois de la République n’a plus l’autorité morale requise pour dispenser des leçons de déontologie, de vertu ou de gouvernance politique.
Votre acrimonie actuelle à l’égard des autorités guinéennes s’explique par des motivations purement matérielles. L’histoire a consigné vos démarches pressantes auprès du capitaine Moussa Dadis Camara, à qui vous proposiez des services de communication évalués à 500 millions de FCFA — une sollicitation financière que ce dernier avait catégoriquement rejetée. Plus récemment, votre présence à Conakry visait explicitement à obtenir des contrats de communication auprès du pouvoir de transition. N’ayant pas obtenu gain de cause, vous avez choisi la voie de la considération radicale en qualifiant le Chef de l’État de « dictateur ».
Le Général Mamadi Doumbouya n’a cure des prédictions alarmistes d’une plume en quête de légitimité. Le chef de l’État guinéen incarne une Nouvelle Afrique : une gouvernance jeune, rigoureuse, laborieuse et résolument engagée dans la reconquête de sa souveraineté. Par des réformes structurelles audacieuses, une lutte sans concession contre les détournements de deniers publics et un grand projet de refondation de l’État, il suscite un espoir légitime pour la jeunesse du continent. Pendant qu’il édifie l’avenir de son pays avec patriotisme, vous tentez de monnayer une influence déclinante.
Qu’un citoyen multi-condamné par les tribunaux et indexé pour ses pratiques de mercenariat médiatique s’arroge le droit de prédire la déstabilisation d’un chef d’État souverain, depuis un pays frère, constitue une dérive diplomatique et déontologique inacceptable. Désormais, la rigueur des faits s’opposera systématiquement à chacune de vos approximations. L’émergence de la presse africaine se fera sans les artifices du chantage.
La Nouvelle Afrique avance avec assurance, et elle vous laisse face à vos propres responsabilités.
M. Gervais Zahui
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