L’émoi est palpable au sein de la société guinéenne après l’enlèvement de Maître Mohamed Traoré, éminent avocat au barreau de Guinée. Survenu dans la nuit de jeudi à vendredi, cet acte suscite une vague d’indignation et d’inquiétude au sujet de la sécurité des citoyens, y compris des défenseurs des droits.
Dans un témoignage bouleversant livré aux médias, l’épouse de l’avocat revient sur les circonstances de ce rapt survenu à leur domicile, peu de temps après le retour de Maître Traoré de la Mecque :
« Ils ont tout fait, ils ont parlé et ils ont sorti de lui. Ils ont dit que c’est vous Maître Mohamed Traoré. Ensuite, ils ont vu sa photo suspendue au mur, ils ont compris que c’était lui, c’était bien lui. Et puis ils l’ont emmené. »
Elle affirme n’avoir pas été brutalisée, à l’exception de leur fille aînée, giflée pour avoir insisté afin qu’on ne prenne pas son père.
« Ils nous ont pas fait de mal, ils n’ont rien pris. Mais ils portaient des cagoules. J’ai vu l’un d’eux en pantalon militaire. Je crois que ce sont des gendarmes qui ont enlevé mon mari. »
Cette déclaration vient nourrir les soupçons sur une implication possible des forces de sécurité dans cet enlèvement, bien que les autorités n’aient, à cette heure, fourni aucun commentaire officiel sur l’affaire.
Le barreau de Guinée, plusieurs organisations de défense des droits humains et des voix de la société civile exigent déjà la libération immédiate de Maître Traoré et appellent à une enquête indépendante et transparente.
L’avocat s’est illustré ces dernières années par ses prises de position tranchées et ses engagements en faveur des droits humains.
Ledemineur.info










