Quelques heures après l’enlèvement de Me Mohamed Traoré à son domicile par des hommes encagoulés — comme l’a rapporté son épouse dans la presse ce samedi matin — Me Halimatou Camara, avocate au barreau de Guinée, est montée au créneau. Dans un message publié sur sa page Facebook, elle a vivement dénoncé ce qu’elle qualifie de séquestration destinée à faire taire une voix critique du régime de transition.
« Aucune atteinte à l’intégrité physique du Bâtonnier Mohamed Traoré ne saurait être tolérée. Depuis près de deux ans, nous ne cessons d’alerter : aucune prospérité, réelle ou supposée, ne peut exister sans le respect des libertés individuelles et collectives. Aujourd’hui, dénoncer les dérives de la transition est devenu un crime. »
Elle rappelle que nul ne peut se faire justice en dehors des voies légales, encore moins à l’égard d’un avocat inscrit au barreau :
« Un avocat, quelle que soit l’infraction qui lui est reprochée, ne peut être séquestré. C’est une violation grave de l’État de droit. »
Et de conclure avec fermeté :
« Ce qui arrive au Bâtonnier Mohamed Traoré est une dérive grave, facilitée par le silence ou la complicité d’une partie de l’appareil judiciaire. Personne n’est dupe. Cette séquestration vise à faire taire une voix libre. En tant qu’avocate et militante des droits humains, je dénonce avec force cette nouvelle dérive. Ce n’est pas seulement une atteinte contre un homme. C’est un coup porté à l’État de droit, à la justice, à chacun d’entre nous”.
Ledemineur.info










