Faire de l’école le point de départ d’une transformation durable des comportements en matière d’hygiène et d’assainissement. C’est l’ambition du programme « École assainie – Élèves ambassadeurs », lancé par le ministère de l’Assainissement, de l’Hydraulique et des Hydrocarbures (MAHH), en partenariat avec le ministère de l’Enseignement pré-universitaire et de l’Alphabétisation, avec l’appui de l’UNICEF.
À travers cette initiative pilote de six mois, les autorités entendent démontrer qu’une véritable révolution de la salubrité peut naître dans les salles de classe et se diffuser progressivement dans les familles, les quartiers et les collectivités. Le principe est simple : apprendre aux enfants les gestes de l’hygiène et de la protection de l’environnement afin qu’ils deviennent eux-mêmes des relais du changement.
L’école représente en effet le premier espace de socialisation des jeunes. Chaque année, des milliers d’heures y sont consacrées à l’apprentissage, mais également à l’acquisition de comportements qui accompagnent l’enfant tout au long de sa vie. Pour les initiateurs du projet, une école propre, dotée de sanitaires entretenus et d’espaces correctement aménagés pour la gestion des déchets, constitue un puissant levier éducatif.
Dans les cent établissements sélectionnés à travers le pays, plusieurs actions seront menées simultanément. Le programme prévoit l’installation de poubelles de tri sélectif dans les cours et les salles de classe, la vidange et la réhabilitation des toilettes, la sensibilisation et la formation des vendeuses de denrées alimentaires aux règles d’hygiène, ainsi que l’organisation régulière d’opérations d’assainissement dans les quartiers environnants.
L’une des principales innovations réside dans la création de mini-gouvernements scolaires de lutte contre l’insalubrité. Dans chaque établissement, les élèves éliront leurs représentants chargés de différents portefeuilles liés à l’assainissement, à l’environnement et à la santé. Ces jeunes responsables auront pour mission de conduire les activités de sensibilisation et de présenter périodiquement les résultats de leur mandat devant leurs camarades.
Pour encourager la participation et la responsabilisation, un système de notation et de classement mensuel sera instauré. Les écoles les plus performantes en matière de salubrité seront récompensées, favorisant ainsi une saine émulation entre établissements. L’objectif est de remplacer les approches fondées uniquement sur la contrainte par une dynamique où chacun est encouragé à agir pour améliorer son cadre de vie.
Le programme couvre aussi bien le Grand Conakry que plusieurs localités de l’intérieur du pays. Des écoles situées à Labé, Siguiri et Beyla participeront à cette phase pilote, permettant de tester le modèle dans des contextes géographiques, climatiques et sociaux variés. Cette diversité permettra d’évaluer l’adaptabilité de l’initiative aux différentes réalités nationales.
Au terme des six mois, les autorités espèrent obtenir des résultats tangibles : des établissements plus propres, des infrastructures sanitaires fonctionnelles, des élèves mieux sensibilisés aux questions d’hygiène, des vendeuses formées aux bonnes pratiques alimentaires et une implication accrue des communautés dans les opérations d’assainissement.
Au-delà des indicateurs chiffrés, le projet poursuit un objectif plus profond : développer une véritable culture citoyenne de la propreté. Pour les promoteurs de l’initiative, le changement durable passera avant tout par l’éducation et l’exemplarité. Un enfant qui adopte les bonnes pratiques et les transmet à son entourage devient un acteur essentiel du développement local.
Si les résultats s’avèrent concluants, le programme pourrait être progressivement étendu à l’ensemble des établissements scolaires du pays. Une perspective qui s’inscrit dans la vision de développement à long terme de la Guinée, où la salubrité ne serait plus l’objet de campagnes ponctuelles, mais un réflexe partagé par tous dès le plus jeune âge.
Ledemineur.info










