Dinguiraye est un patrimoine immatériel sans précédent. Sa richesse culturelle et cultuelle est inestimable, et antérieure aux systèmes politiques actuels. Nul n’a le droit de le compromettre.
LE NOVICE DE LA PRESSE: L’AGITATION D’UNE JEUNESSE IGNORANT LES EPOPEES OU LA QUETE DE PETITS PRIVILEGES POLITIQUES.
À la lecture du post raté du journaliste, sur sa page Facebook, espace privilégié de pseudo-intellectuels, souvent incapables d’actions humaine et scientifique d’envergure pour leur nation, une question s’impose. C’est celle du péché qui a conduit son auteur à une telle maladresse, nécessitant son repentir, 24 heures après son forfait.
À mon sens, ou bien l’auteur est tombé dans le piège de la jeunesse, faite de caprices et d’erreurs naturelles ; ou bien, bizarrement, et contre son métier de journaliste, et donc de chercheur juste, il ignore le statut particulier de Dinguiraye en Afrique généralement, et en Guinée particulièrement.
Dinguiraye est une république en miniature, une sorte de Vatican logée en Afrique de l’Ouest.
Fondé au XIXème siècle par Elhadj Oumar TALL, défenseur inégalé de l’islam et résistant à la pénétration coloniale, la cité sainte fut un État fédéré, rattaché à l’État fédéral toucouleur plus grand, qui s’étendait de la Haute-Guinée à l’ancien Soudan.
Le rattachement de la Cité religieuse à la République de Guinée, à la faveur des indépendances, n’a jamais entamé le caractère vertical de l’entité.
Dinguiraye offre un régime politique bicéphale, c’est-à-dire une cohabitation entre le système constitutionnel d’État et l’autorité religieuse, le khalifa. Au premier correspond le pouvoir politique, et au second, le pouvoir spirituel.
Ce dernier repose sur les principes islamiques (Coran et Sunna), les valeurs culturelles, le vivre-ensemble, lesquels constituent le sacerdoce du guide de Halwar. Dinguiraye est le modèle de diversité culturelle et communautaire le plus réussi de notre pays. Par conséquent, chaque fille ou fils de la Cité devient garant de cette quiétude sociale. Il revient à tout enfant de Dinguiraye, indépendamment de son appartenance politique, religieuse, ethnique, raciale ou autre, de veiller jalousement à l’intégrité de ce modèle de société enviable.
Dinguiraye, de ce point de vue, incarne bien le caractère indivisible de la République et la quête d’une nation unie.
UN JOURNALISTE MILITANT QUI SE HEURTE À UNE DES LIGNÉES DE NOBLESSE DE DINGUIRAYE : ELHADJ BAÎLA LY « BA »
Si Bocar Baîla LY, ancien ministre conseiller auprès du Président Mamady DOUMBOUYA, est connu pour être un grand commis de l’État, ou plus exactement un technocrate de la gouvernance minière, il est avant tout, pour Dinguiraye, le fils d’une des grandes figures de l’histoire et de la mémoire collective de la Cité religieuse : Elhadj Baîla LY.
La grandeur de la figure de proue n’est pas fortuite.
Il la tient d’abord de son célèbre homonyme, Alpha Oumar Thierno Baîla WAN, chef d’état-major de l’armée oumarienne, acteur principal des victoires d‘Elhadj Oumar dans l’islamisation du Soudan.
Ensuite, il la doit à son grand-père maternel, Thierno Hammady BOKOUM « Kalakala », kadi (juge coutumier) de la cité sainte, dont la fille, Djénabou DICKO, est la mère d’Elhadj Baîla LY.
Elhadj Baîla, père de Bocar LY, fut sans nul doute l’une des cinq (5) personnalités religieuse et morale marquantes de la Cité, dans la deuxième moitié du XXème siècle.
Aux côtés d’Elhadj Alpha Amadou TALL, de Karamoko TALL, de Thierno Amadou Oumar THIAM, de Thierno Aladji TALL et d’autres, Elhadj Baîla LY a composé, avec ceux-ci, un collège de leadership dont la notoriété dépassait les frontières de la Guinée.
Surtout, Elhadj Baîla LY revendique son ascension, de sa belle rencontre avec le grand marabout de l’AOF, Elhadj Seydou Nourou TALL, ami du Général de Gaulle.
Tout de suite, Elhadj Baîla LY est introduit dans tous les foyers religieux et palais de la région. De Labé (chez Thierno Aliou Boubadiyan), à Sagalé (Chérif Abdullah), jusqu’à Tivaouane (Elhadj Malick SY), en passant par Louga (Thierno Mountaga Daha), sans oublier la cité sacrée de Médine (Alpha Hasmiou), Elhadj Baîla LY devient une personnalité religieuse incontournable au plan régional.
Alors, rendons à César ce qui lui appartient. Bocar Baîla LY n’est pas arrivé aux affaires par hasard. Il n’a pas pris le pouvoir en marche. Par ses ascendants, il est issu des milieux du pouvoir. Il en a la fleur. Il est aristocrate par naissance.
En définitive, mettons la plume au service de l’engagement collectif et de l’intérêt général.
La plume, c’est celle de Voltaire, au service de la France.
Oui, la plume, c’est celle de Senghor, au service du Sénégal.
La plume, c’est aussi celle de Camara Laye au service de la Guinée.
La plume, en toute modestie, est un art qui ne doit pas tomber dans toutes les mains.
Moustapha BOKOUM
Fils de Dinguiraye
Vive Dinguiraye










