Le procès du directeur général du Centre national de formation sociale appliquée Jean-Paul II s’est poursuivi ce lundi 18 mai devant la chambre de jugement de la CRIEF. Soriba Soumah est poursuivi pour détournement présumé de deniers publics, corruption d’agents publics, faux et usage de faux en écriture publique, enrichissement illicite et complicité.
Le prévenu a de nouveau été interrogé par le ministère public. En réponse aux premières questions, il a déclaré ne pas avoir pris part à la passation du marché attribué à AT Multiservices dans le cadre de la fourniture d’équipements au Centre national de formation sociale appliquée Jean-Paul II. Il a réitéré que c’est la Personne responsable des marchés publics (PRMP) qui a attribué le marché sur la base d’un appel d’offres.
Toutefois, les équipements tardent toujours à être livrés, alors que Soriba Soumah avait affirmé lors de la précédente audience qu’ils se trouvaient à bord d’un navire devant arriver à Conakry le 9 mai dernier.
En réponse, il a reconnu un léger retard, tout en précisant que le navire se trouve désormais dans les eaux territoriales guinéennes et pourrait bientôt accoster à Conakry. Pour en avoir confirmation, le ministère public a fait appeler Ismaël Traoré à la barre. Ce dernier est le second prévenu dans cette affaire.
Celui-ci a confirmé que sa société avait bel et bien obtenu ce marché de fourniture d’équipements pour un montant de 11 milliards 921 millions de francs guinéens. Il affirme avoir reçu plus de 3 milliards de francs guinéens, soit 30 % du montant total, à titre d’acompte. Le délai contractuel de livraison était de 30 jours, un délai aujourd’hui largement dépassé, a reconnu Ismaël Traoré.
Concernant le retard dans la livraison des équipements, M. Traoré a expliqué qu’il était dû à trois principaux facteurs : la conception du scanner, qui a nécessité quatre mois en raison de ses spécificités techniques, notamment les caractéristiques 16.32, l’existence d’autres commandes chez le fabricant, ainsi que les difficultés liées aux transactions financières et les perturbations du transport maritime dues à la congestion du port de Conakry.
S’agissant des équipements, Ismaël Traoré a affirmé qu’ils ont bien été achetés et embarqués à bord du navire. Toutefois, il n’a pas été en mesure de préciser avec exactitude la date d’arrivée du navire au port de Conakry. Après ces explications, il a regagné le box des accusés.
L’interrogatoire de Soriba Soumah s’est ensuite poursuivi avec les questions de l’avocat de la partie civile et de la défense. Le prévenu a déclaré qu’on ne saurait lui imputer les agissements de son comptable, qui aurait falsifié sa signature et décaissé des fonds en son nom sur les comptes du Centre Jean Paul II au Trésor public.
Selon lui, il ne peut pas non plus être tenu responsable des défaillances de la société contractante chargée de la fourniture des équipements. Par la suite, Ismaël Traoré a de nouveau comparu à la barre. À l’image de son co-prévenu, l’entrepreneur a réfuté les faits qui lui sont reprochés et a expliqué avoir obtenu le marché sur la base d’un appel d’offres et être en cours d’exécution.
Au terme de l’audience, la Cour a rejeté la demande de mise en liberté des prévenus avant de renvoyer l’affaire au mercredi 20 mai pour la déposition des témoins, notamment Mohamed Karifa Diawara, ancien directeur général du Budget, et Mohamed Fodé Bérété, Personne responsable des marchés publics.










