Des soignants de l’hôpital régional de Kankan ont manifesté ce jeudi pour exiger la candidature du président de la transition, le Général Mamadi Doumbouya. Ils menacent d’interrompre les soins dans 72 heures si leur demande n’est pas satisfaite, provoquant une vive inquiétude chez les patients et les partenaires.
Le personnel de santé de l’hôpital régional de Kankan a battu le pavé ce jeudi pour exiger, de manière pressante, que le Général Mamadi Doumbouya se porte candidat à l’élection présidentielle du 28 décembre 2025. Les manifestants, composés principalement de professionnels en service dans l’établissement, ont posé un ultimatum : si le chef de l’État ne confirme pas sa candidature dans les 72 heures, ils arrêteront toutes activités hospitalières.
Face à la presse, Sabouyan Camara, surveillante du service des urgences médico-chirurgicales, a pris la parole au nom de ses collègues. « Au nom des femmes, nous sommes dans la famille de Mme Aicha Doumbouya pour demander la candidature obligatoire du président Mamadi Doumbouya. Tout le monde l’a plaidé, mais s’il n’accepte pas, nous, on va démissionner de nos activités, parce que c’est lui seul qui peut nous motiver », a-t-elle déclaré, selon des témoignages recueillis sur place.
Sabouyan Camara a expliqué le raisonnement des soignants : la perspective d’un engagement politique fort du chef de l’État, selon eux, renforcerait leur motivation et leur « santé mentale », et se traduirait par de meilleures conditions de travail et des services de santé améliorés pour la population. « Ce que nous faisons à l’hôpital régional de Kankan, c’est rendre service de santé à la population guinéenne. Mais la santé, c’est le bien-être. Donc si le président Mamadi Doumbouya se présente comme candidat… nous serons fiers de lui », a-t-elle affirmé.
L’ultimatum lancé par les manifestants ne manque pas d’inquiéter : « Nous sommes venus l’imposer sa candidature (…) On veut vraiment qu’il soit à la tête de la Guinée de 2025 jusqu’en 2100 », a ajouté la surveillante avant de préciser la menace d’une fermeture des services si aucune réponse n’est donnée dans le délai annoncé. Les patients et leurs familles présents à l’hôpital ont exprimé leur crainte face à la perspective d’une interruption des soins.
À l’heure de la publication, aucune réaction officielle des autorités hospitalières régionales ni du ministère de la Santé n’avait été communiquée. De même, aucune prise de position publique du palais présidentiel n’avait été signalée concernant cet ultimatum local.
Cette mobilisation s’inscrit dans un contexte national marqué par plusieurs manifestations et appels en faveur d’une candidature du président de la transition dans différentes localités ces dernières semaines, selon des reportages locaux.
Ledemineur.info










