C’est dans une atmosphère empreinte d’émotion et de recueillement que s’est tenu, ce dimanche, à la Maison de la Presse, un symposium dédié à la mémoire du journaliste Abdoulaye Sankara, affectueusement appelé “Abou Maco”. Parents, confrères, amis et membres de la communauté burkinabè vivant en Guinée ont effectué le déplacement pour rendre un dernier hommage à un homme dont l’engagement et le professionnalisme ont marqué durablement le paysage médiatique.
Né le 10 avril 1971 à Ouagadougou, Abdoulaye Sankara a très tôt manifesté un goût prononcé pour le savoir et la transmission. Passionné par les mots et animé d’un sens aigu du devoir, il s’oriente naturellement vers le journalisme après des études brillantes. Ses qualités humaines et intellectuelles feront rapidement de lui une figure respectée dans le milieu de la presse.
C’est en 1996 qu’il pose ses valises en Guinée, un pays qu’il adoptera comme une seconde patrie. Il intègre alors le groupe de presse L’Indépendant de Conakry, marquant le début d’une carrière riche et exemplaire. Au fil des années, il collabore avec plusieurs rédactions de renom, notamment La Nouvelle Tribune, L’Élévateur, La Vérité, Le Soleil et Nimba. Dans chacune de ces structures, “Abou Maco” s’impose par sa rigueur, son intégrité et son attachement indéfectible à la vérité.
Son professionnalisme et son sens élevé de la responsabilité lui ouvrent, en 2010, les portes du Bureau de presse de la Présidence de la République. Une reconnaissance majeure pour cet homme de médias, qui gravira les échelons jusqu’au poste de directeur adjoint. À ce niveau, il continuera de servir avec dévouement, contribuant à renforcer la communication institutionnelle tout en restant fidèle à ses principes.
Au-delà du journaliste accompli, les témoignages recueillis lors du symposium ont révélé un homme profondément humain. Discret mais ferme, réservé mais engagé, Abdoulaye Sankara était reconnu pour son sens de l’écoute, sa capacité à fédérer et son respect des autres. « Il savait défendre ses idées avec courage, sans jamais compromettre ses valeurs », a confié un de ses anciens collaborateurs, visiblement ému.
Sa disparition laisse aujourd’hui un vide immense, tant dans le monde des médias que parmi la communauté burkinabè en Guinée, où il occupait une place importante. Mais pour ses proches et ses confrères, son héritage demeure vivant. Celui d’un journalisme exigeant, guidé par la quête de vérité, la rigueur professionnelle et le sens de l’éthique.
Au terme de la rencontre, les participants ont exprimé leurs sincères condoléances à la famille du défunt, tout en appelant la jeune génération de journalistes à s’inspirer de son parcours. Car, comme l’ont souligné plusieurs intervenants, “Abou Maco” ne disparaît pas totalement : il continue de vivre à travers ses écrits, ses idées et les valeurs qu’il a incarnées tout au long de sa vie.
À travers cet hommage, c’est toute une profession qui s’incline devant la mémoire d’un homme dont la vie restera un modèle d’engagement et de dignité.










