Depuis plus d’une semaine, la capitale de la Haute-Guinée fait face à une crise aiguë de carburant. Stations fermées, marché noir florissant et transports à l’arrêt : Kankan tourne au ralenti, sans la moindre explication officielle.
La vie quotidienne est devenue un véritable parcours du combattant à Kankan. Habituellement animée, la ville est aujourd’hui figée par une sévère pénurie d’essence qui perdure depuis plus de sept jours. Sur les principales artères, les stations-service affichent, pour la plupart, des pancartes « Rupture de stock ». Portes closes, cadenas scellés : l’approvisionnement est presque totalement interrompu.
Des files interminables et une économie asphyxiée
Seules quelques rares stations encore alimentées continuent d’assurer la distribution, donnant lieu à des files d’attente interminables s’étendant parfois sur plusieurs centaines de mètres. Les conducteurs, épuisés, patientent des journées entières sans certitude d’être servis.
« Nous venons dès l’aube, mais souvent nous repartons le réservoir vide. Il n’y a aucune logique dans la distribution », déplore Amara Camara, attendant depuis des heures devant une pompe.
Le ralentissement des transports étouffe l’économie locale, déjà fragilisée. Commerçants, chauffeurs et habitants voient leurs activités paralysées.
Un marché noir hors de contrôle
Face à la pénurie, le marché clandestin explose. Le litre se négocie désormais jusqu’à 25 000 francs guinéens, plus du double du prix officiel. Une flambée qui alimente la frustration d’une population à bout.
« Pour trouver un litre, il faut connaître quelqu’un. Sinon, impossible d’avancer. Nous n’avons jamais vécu ça. Se déplacer est devenu un casse-tête », confie Mohamed Konaté, visiblement révolté.
Dans ce contexte, l’absence de communication officielle accentue le malaise. Ni les autorités locales ni les instances nationales n’ont donné d’explications sur l’origine de la rupture. Joint par Africaguinee.com, un responsable de la SONAP assure simplement que « des stocks sont en cours d’acheminement » vers Kankan — une réponse jugée floue par la population.
Sans mesures fortes et sans discours clair de la part de l’État, la crise du carburant menace de durer. En attendant, Kankan reste à l’arrêt, prise en étau entre stations vides et marché noir impitoyable — symbole d’un dysfonctionnement qui ravive la colère et l’inquiétude des habitants.
Ledemineur.info










