Guinée : le général Sekouba Konaté accuse Dadis Camara d’avoir orchestré des mutineries contre le régime Cont
Dans une sortie médiatique remarquée, l’ancien président de la transition guinéenne, le général Sekouba Konaté, accuse le capitaine Moussa Dadis Camara d’avoir activement contribué à la déstabilisation du régime du général Lansana Conté, peu avant sa chute. Des révélations explosives faites au micro de la chaîne Vox Africa.
Dans cette interview exclusive, le général Konaté revient longuement sur les événements qui ont précédé et suivi la mort du président Conté, en décembre 2008. Il affirme que Moussa Dadis Camara, alors en charge du service des carburants de l’armée, aurait utilisé sa position pour financer des mutineries à Conakry.
« Il organisait des mutineries à Conakry, parce qu’il était au carburant, tout en donnant de l’argent aux hommes pour déstabiliser le général Lansana Conté », a-t-il déclaré.
Selon lui, c’est dans ce contexte que le président Conté lui aurait demandé de reprendre en main le Bataillon autonome des troupes aéroportées (BATA) pour rétablir l’ordre. À cette époque, Sekouba Konaté était commandant sur le front sud.
Le général Konaté révèle également l’existence d’un accord secret passé avec Dadis Camara lors de la prise de pouvoir du Conseil national pour la démocratie et le développement (CNDD), au lendemain du décès de Lansana Conté.
« J’ai respecté mon deal, lui non », assure-t-il.
Il affirme avoir toujours refusé de briguer le pouvoir, à l’inverse de Dadis Camara, dont l’ambition présidentielle ne faisait, selon lui, aucun doute. Cet accord, qui prévoyait visiblement une certaine répartition des rôles au sein du CNDD, aurait été discuté en présence de plusieurs dirigeants ouest-africains, dont les présidents Blaise Compaoré (Burkina Faso), Umaro Sissoco Embaló (Guinée-Bissau), ainsi que le général Gilbert Diendiéré.
Autre révélation : sa nomination au poste de ministre de la Défense, qu’il dit avoir apprise par surprise.
« J’étais chez moi, il m’a nommé ministre de la Défense alors qu’on ne s’était pas entendus sur ça. Je suis venu lui demander pourquoi, il m’a dit : ‘J’ai fait ça parce que c’est pour un petit temps’ », raconte-t-il.
En signe de protestation, il déclare n’avoir jamais exercé ses fonctions.
« Je ne suis jamais rentré dans mon bureau du ministère de la Défense, parce que j’attendais qu’il respecte notre deal et je décroche », conclut-il.
Ces déclarations jettent une lumière crue sur les coulisses de la transition militaire guinéenne, marquée par des luttes de pouvoir internes et des ambitions divergentes entre les chefs de l’armée.
Ledemineur.info










