La publication récente des listes provisoires des candidats à la présidentielle par la Direction Générale des Élections (DGE) a mis le feu aux poudres. L’Union des Forces Républicaines (UFR) a immédiatement réagi, exprimant son indignation face à un processus électoral jugé opaque et douteux, dominé par une pléthore de candidatures indépendantes et le refus d’inscription des grandes figures de l’opposition.
Mouctar Kalissa, Secrétaire National de la Jeunesse de l’UFR, a dressé un tableau sombre du processus électoral. « À l’allure où les choses vont, c’est une véritable désolation. Nous observons sur la liste plus de 17 candidats indépendants », a-t-il lancé, remettant en question le rôle des formations politiques traditionnelles.
Le responsable politique s’est montré particulièrement critique envers la nature de ces candidatures libres, majoritairement inconnues du grand public. « La question que nous devons nous poser est : quelle est la place des partis politiques ? C’est pourquoi, nous avons toujours exigé un dialogue national inclusif pour discuter du problème familial. Malheureusement, nous n’avons pas été compris », a-t-il regretté.
Le danger réside, selon lui, dans le manque de transparence. « Vous prenez des candidats libres ou des candidats indépendants, vous ne connaissez pas leur provenance. Vous ne connaissez pas leur source de financement. C’est extrêmement grave et dangereux dans un pays. On pouvait accepter cela pour des élections communales, mais pour une élection présidentielle, nous voyons ça d’unmauvais œil. Ce n’est pas une bonne augure pour l’image de notre pays », a-t-il indiqué.
Mouctar Kalissa a insisté sur le manque de crédibilité de ces postulants, les décrivant comme des personnes d’ailleurs méconnues de la population guinéenne, des candidats qui n’ont aucune base politique.
L’exclusion ciblée de Sidya Touré : un refus catégorique de l’État
L’UFR dénonce l’éviction de son leader, Sidya Touré, qu’il attribue directement à un stratagème de l’État. « L’État guinéen a refusé de renouveler son titre de voyage pour qu’il rejoigne la Guinée. Et lors de l’enrôlement, au cours du recensement, on a catégoriquement refusé de le recenser. Si on refuse à un Guinéen à l’étranger de renouveler son passeport pour qu’il rentre dans son pays, c’est qu’on refuse à ce qu’il soit dans le pays pour qu’il soit candidat. C’est une manière de l’exclure en même temps », a révélé Mouctar Kalissa.
Mamadi Doumbouya interpellé : « Un légionnaire doit respecter son serment »
Interrogé sur l’hypothèse d’une candidature du Président Mamadi Doumbouya, l’UFR a refusé d’ouvrir le débat, rappelant le serment du chef de la transition. « Franchement, moi, je ne discute pas ça avec quelqu’un. Mamadi Doumbouya est un militaire, un légionnaire assermenté. Il s’est juré devant le peuple de Guinée qu’il ne sera pas candidat, ni lui, ni les membres du CNRD », a-t-il martelé.
Il a ensuite adressé un appel au respect de la parole donnée : « Je dirai au président de la transition, en tant qu’homme de rang, il n’a qu’à respecter ses engagements tenus le 5 septembre. Pour reconnaître la valeur d’un homme, c’est le respect de sa parole. Qu’il tienne compte de sa parole, c’est ce qui lui donnera l’honneur. S’il va au-delà de ça, franchement, ça sera de la déroute », a-t-il prévenu.
Une Constitution taillée sur mesure pour l’exclusion
Mouctar Kalissa a enfin attaqué la nouvelle Constitution, estimant qu’elle a été fabriquée pour servir des intérêts spécifiques. « Vous avez vu la Constitution qu’ils ont eu à fabriquer ici-là. Je me permets du terme, à fabriquer, parce qu’il y a tellement de manquements. On se permet de parler de la limitation d’âge des candidats, ce qui barre la route à certaines personnes », a-t-il analysé, y voyant ainsi une manœuvre pour écarter des figures.
Pour conclure, il a proposé une alternative pour moraliser la vie politique en Guinée. « Ils auraient dû mettre dans cette Constitution le niveau d’études des candidats : tout candidat qui n’est pas sortant d’une université, et que cela soit vérifié, ne doit pas être candidat. C’est pour éviter à ce que la Guinée soit dirigée par des tocards, c’est-à-dire qui n’ont pas le niveau », a-t-il conclu.
Ledemineur.info










