En exil, le leader de l’UFDG reconnaît entretenir des échanges réguliers avec l’ex-président guinéen. Un rapprochement politique surprenant, mais stratégique, dans un contexte de contestation grandissante du régime de transition.
En tournée internationale, Cellou Dalein Diallo, président de l’Union des Forces Démocratiques de Guinée (UFDG), continue de mobiliser la diaspora autour de la cause démocratique. Ce samedi à New York, devant une salle comble acquise à sa cause, l’ancien Premier ministre n’a pas mâché ses mots contre la junte dirigée par le général Mamadi Doumbouya, dénonçant une « dérive autoritaire » et une « confiscation programmée du pouvoir ».
Mais c’est une autre déclaration, inattendue celle-là, qui a marqué les esprits. Interrogé sur sa relation avec Alpha Condé, l’ancien président qu’il a longtemps combattu, Cellou Dalein a surpris :
« On se parle régulièrement, je vous le dis, et je l’assume », a-t-il lancé sous les applaudissements de ses partisans.
Une confidence qui bouleverse les lignes politiques à Conakry. Les deux hommes, jadis ennemis jurés, coopèrent désormais au sein des Forces Vives de Guinée (FVG), un front rassemblant partis politiques, syndicats et organisations de la société civile unis contre la prolongation de la transition militaire.
Selon Diallo, le dialogue avec Alpha Condé n’est pas une réconciliation personnelle, mais un acte politique « au service de la démocratie ».
« Mon grand frère Alpha Condé m’a demandé : “Cellou, comment peux-tu applaudir un coup d’État ?” », a-t-il raconté.
« Ce n’est pas le coup d’État que j’ai applaudi, c’est ton départ, parce que tu faisais trop de tort à la démocratie. »
Pour de nombreux observateurs, ce rapprochement symbolise une mutation majeure du paysage politique guinéen. En dépit des blessures du passé, les anciens adversaires semblent unis par un même objectif : faire front contre la junte et exiger un retour rapide à l’ordre constitutionnel.
Si cette alliance de circonstance intrigue, elle traduit aussi une réalité politique pragmatique : dans une Guinée fragilisée par trois ans de transition, les forces civiles n’ont plus le luxe de se diviser.
Ledemineur.info










