Conakry, 26 septembre 2025 – C’est un nouveau rebondissement dans la crise politique post-référendaire. Deux formations politiques, le Bloc Libéral (BL) de Dr Faya Lansana Millimouno et le Bloc pour l’Alternance en Guinée (BAG) dirigé par Abdoulaye Sadjo Barry, ont annoncé avoir saisi la Cour suprême pour demander l’annulation du scrutin du 21 septembre 2025.
Dans un recours déposé ce vendredi au greffe de la juridiction suprême, les requérants affirment que le référendum ayant abouti à l’adoption d’une nouvelle Constitution — approuvée à 89,38 % selon les résultats provisoires du ministère de l’Administration du Territoire et de la Décentralisation — est entaché de « graves irrégularités ».
« Nous avons saisi la Cour suprême. (…) Après réflexion, nos conseillers juridiques ont estimé que ce qui s’est passé ne pouvait être toléré. Il fallait donc déposer un recours, ne serait-ce que pour mettre à l’épreuve les juges de la Cour », a déclaré Dr Faya Millimouno, président du Bloc Libéral.
Le cadre légal en jeu
La démarche des contestataires s’appuie sur l’article 52 de la loi ordinaire sur le référendum (2025). Ce texte prévoit que la Cour suprême peut prononcer l’annulation du scrutin « lorsque de graves irrégularités susceptibles d’avoir une incidence décisive sur les résultats sont constatées ». Dans ce cas, le référendum doit être réorganisé dans un délai de 60 jours.
Une bataille juridique et politique
En se tournant vers la plus haute juridiction du pays, les opposants testent la capacité de l’appareil judiciaire à arbitrer une contestation électorale majeure. « Les raisons de notre requête sont suffisamment pertinentes pour qu’une république normale prononce l’annulation de ce scrutin », a insisté Dr Millimouno.
La décision de la Cour suprême, présidée par le juge Fodé Bangoura, sera scrutée de près par l’ensemble de la classe politique. Elle pourrait soit confirmer la victoire écrasante du camp du « Oui », soit ouvrir une nouvelle phase d’incertitude institutionnelle.
Ledemineur.info










