Abidjan, 9 août 2025 — L’annonce par le président ivoirien Alassane Ouattara de sa candidature à un quatrième mandat continue de provoquer de vives tensions politiques. Ce samedi, plusieurs milliers de manifestants issus des rangs de l’opposition ont envahi les rues d’Abidjan et d’autres grandes villes pour exprimer leur rejet d’une décision qu’ils jugent « inconstitutionnelle ».
Les cortèges, rassemblant militants du PDCI, du FPI, du PPA-CI et proches de Guillaume Soro, ont défilé en brandissant pancartes et drapeaux nationaux, scandant des slogans appelant au respect de la limitation à deux mandats prévue par la Constitution. « Non au coup de force ! », « La Côte d’Ivoire n’est pas un royaume ! » pouvait-on lire sur les banderoles.
Selon les organisateurs, la mobilisation est une « première étape » d’un vaste mouvement de résistance contre ce qu’ils qualifient de « dérive autoritaire ». Laurent Gbagbo, Tidjane Thiam et Pascal Affi N’Guessan avaient, dans des déclarations distinctes, exhorté leurs partisans à descendre pacifiquement dans la rue. Guillaume Soro, en exil, a salué « le courage » des manifestants.
La police, déployée en nombre, a tenté de disperser certains attroupements, notamment à Yopougon, où des affrontements ont été signalés. Plusieurs arrestations ont été rapportées par les partis d’opposition, qui dénoncent une répression « arbitraire ».
Pour le gouvernement, la candidature de M. Ouattara est « parfaitement légale » au regard de la Constitution révisée en 2016, qui remettrait à zéro le compteur des mandats. L’opposition, elle, y voit une interprétation abusive et prévient que la contestation ira crescendo à l’approche de la présidentielle prévue en octobre..
Ledemineur.info










