Le nouveau fichier électoral biométrique, récemment publié par les autorités de la transition, suscite déjà de vives contestations au sein de la classe politique guinéenne. Bien qu’il soit présenté comme un instrument garantissant la transparence des futures élections, plusieurs voix s’élèvent pour dénoncer des irrégularités majeures, notamment celle de Cellou Dalein Diallo, président de l’Union des Forces Démocratiques de Guinée (UFDG).
Présenté le samedi 19 juillet par le gouvernement, le fichier recense plus de 6,7 millions d’électeurs enrôlés, dont seulement 120 000 Guinéens de la diaspora. Ce chiffre est largement en deçà des estimations de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), qui évalue la diaspora guinéenne à environ 3 millions de personnes à travers le monde.
Lors de son intervention ce mardi 22 juillet sur les ondes de RFI, l’ancien Premier ministre a pointé du doigt plusieurs anomalies statistiques dans la répartition des électeurs :
« Il y a des écarts notables entre les régions. Les zones réputées favorables à la junte affichent un nombre d’électeurs bien plus élevé que d’autres régions, traditionnellement perçues comme moins favorables au régime en place », a-t-il déclaré.
Cellou Dalein Diallo a cité en exemple la région de Kankan, bastion du président de la transition, le Général Mamadi Doumbouya, qui surpasse désormais Conakry en nombre d’électeurs, une situation inédite selon lui :
« Dans les précédents recensements, Conakry, la capitale, a toujours concentré une part importante de l’électorat national. Ce renversement statistique soulève des interrogations. »
La sous-représentation de la diaspora constitue également une préoccupation majeure pour l’UFDG. Son président a dénoncé les conditions d’enrôlement restrictives imposées aux Guinéens vivant à l’étranger :
« La diaspora guinéenne s’est mobilisée pour participer au processus électoral. Pourtant, nombre d’entre eux n’ont pas pu s’enrôler, faute d’équipements suffisants, de pannes fréquentes et de critères difficiles à satisfaire », a-t-il déploré.
Pour Cellou Dalein Diallo, cette situation reflète une volonté délibérée d’écarter une frange importante de l’électorat, jugée potentiellement opposée à toute tentative de confiscation du pouvoir par le CNRD.
Ces accusations relancent le débat sur la crédibilité du processus électoral en cours et mettent en lumière les défis à relever pour garantir un scrutin inclusif, transparent et équitable.
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