Conakry, 24 juillet 2025 – La drogue Kush continue de faire des victimes dans la capitale guinéenne, en dépit des efforts des autorités pour endiguer sa propagation. Dans la nuit du mercredi 23 juillet, deux jeunes ont perdu la vie après avoir consommé cette substance hautement addictive dans le quartier Matoto Khabitaya.
Selon Balla Zoumanigui, secrétaire administratif dudit quartier, les victimes ne sont pas originaires de Khabitaya. Il affirme avoir été informé des faits tard dans la soirée par les forces de l’ordre.
« J’ai appris ça comme vous, je n’ai pas vu les corps. Mais avant-hier, alors que j’étais à la gendarmerie pour un conflit de voisinage, la police m’a appelé vers 22 heures pour m’informer de la présence de deux corps et me demander d’aller faire le constat. J’ai refusé car l’endroit en question est un repaire connu de bandits. Plus tard, vers 23 heures, des jeunes du quartier m’ont dit qu’un des deux jeunes était décédé, et le lendemain matin, ils m’ont informé que le second avait aussi succombé », a-t-il relaté.
Le responsable local précise que le lieu où les victimes ont consommé la drogue est souvent fréquenté par des jeunes refoulés d’autres quartiers, tels que Wanindara ou Kissosso, à la suite d’opérations menées par les forces de sécurité.
« Des jeunes expulsés viennent se regrouper ici. C’est pourquoi la jeunesse de Khabitaya s’est mobilisée pour éviter que notre quartier ne devienne un refuge pour les consommateurs de Kush. Certaines concessions ont été attaquées. J’ai ensuite sensibilisé les jeunes pour qu’ils arrêtent ces représailles », a-t-il expliqué.
Les deux corps ont été transportés à la mosquée du quartier, mais n’ont pas été inhumés sur place. Ils ont, selon M. Zoumanigui, été récupérés par leurs proches.
Face à cette situation alarmante, l’administrateur de Khabitaya lance un appel pressant à la vigilance des parents et à une action concertée contre ce fléau.
« Aimer son enfant, c’est lui donner une bonne éducation. Laisser faire, c’est les conduire à leur perte. Si les parents acceptaient de dénoncer leurs enfants consommateurs, cela aiderait énormément. La drogue Kush est extrêmement dangereuse. Les autorités font déjà des efforts, mais il faut aussi renforcer le contrôle aux frontières, car cette drogue est importée », a-t-il insisté.
Alors que la liste des victimes de la Kush s’allonge, l’urgence d’une réponse nationale plus musclée, intégrant communauté, familles et État, devient chaque jour plus évidente.
Ledemineur.info










