Détenus depuis plus de trois mois dans un centre de rétention en Mauritanie pour défaut de carte de séjour, 52 ressortissants guinéens ont recouvré la liberté grâce aux efforts conjoints des autorités guinéennes et du Conseil des Guinéens résidant dans le pays. Leur libération soulève de vives inquiétudes sur les conditions de détention et les lenteurs administratives qui entravent le rapatriement de Guinéens en détresse.
Arrêtés pour défaut de carte de séjour, 52 ressortissants guinéens ont été libérés après plus de trois mois passés dans un centre de rétention en Mauritanie. Leur libération a été rendue possible grâce à la synergie d’action entre le Conseil des Guinéens en Mauritanie, l’ambassade de Guinée à Nouakchott, et les autorités guinéennes à Conakry.
Ces anciens détenus décrivent des conditions de vie particulièrement difficiles, notamment un manque criant de nourriture. L’un d’entre eux aurait développé des troubles mentaux pendant sa détention. Pour l’heure, les 52 personnes libérées sont hébergées au bureau du Conseil des Guinéens résidant en Mauritanie, en attendant leur retour en Guinée, qui devrait s’effectuer par l’intermédiaire de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM).
Contacté ce jeudi 17 juillet, Bobo Bah, président du Conseil des Guinéens en Mauritanie, a souligné que deux groupes de Guinéens se trouvent actuellement en situation de grande vulnérabilité sur le territoire mauritanien. Le premier groupe est constitué de 171 personnes, parties de Kamsar le 1er juillet en direction de l’Italie, et interceptées en mer par la garde-côte mauritanienne après 14 jours de navigation. Le second groupe comprend les 52 personnes arrêtées pour séjour irrégulier, récemment libérées.
Cependant, selon M. Bah, environ 105 autres Guinéens restent toujours en détention. « Ceux-là ne sont pas retenus pour défaut de carte de séjour, mais sont présumés impliqués dans des réseaux de passeurs », précise-t-il.
La libération des 52 migrants aurait été retardée par des lenteurs du côté guinéen, malgré une demande formelle des autorités mauritaniennes pour leur rapatriement. « Les Mauritaniens avaient donné leur feu vert, mais les démarches guinéennes ont pris du retard. Cela montre les limites du système actuel de rapatriement, trop dépendant de l’OIM », regrette Bobo Bah.
Le président du Conseil des Guinéens en Mauritanie appelle les autorités de Conakry à explorer des solutions alternatives. « Il faut penser à d’autres moyens, comme la location de bus, comme le font certains pays voisins. On ne peut pas toujours attendre que l’OIM agisse, surtout quand il s’agit d’êtres humains en détresse », a-t-il insisté.










