À l’entrée de Coyah, entre vallées verdoyantes et pentes escarpées, se dresse le mont Kakoulima, l’un des derniers bastions naturels de la région. Ce géant de granit, symbole du patrimoine écologique guinéen, est aujourd’hui au cœur d’un phénomène inquiétant : l’urbanisation sauvage.
Chaque mois, de nouvelles habitations poussent sur ses flancs, souvent sans autorisation, ni étude d’impact environnemental. Un développement anarchique qui met en péril non seulement l’écosystème local, mais aussi la sécurité des habitants eux-mêmes.
Autrefois couvert de forêts épaisses et de sources naturelles, le mont Kakoulima subit une pression humaine croissante. La forte démographie de Coyah, combinée à l’exode urbain en provenance de Conakry, pousse de nombreux ménages à s’installer sur les hauteurs, faute de logements accessibles en ville.
« Nous avons construit ici parce que le terrain était moins cher, mais personne ne nous a prévenus des risques », confie Moussa Camara, un habitant dont la maison surplombe une ravine creusée par les eaux de ruissellement. Comme lui, des centaines de familles s’installent sans permis, souvent avec des matériaux précaires, dans des zones pourtant classées à risques.
Selon des spécialistes en géologie et en environnement, ces constructions fragilisent les sols et augmentent les risques d’éboulements et d’inondations. À la saison des pluies, les coulées de boue deviennent fréquentes, causant parfois des pertes humaines et matérielles.
Outre les risques pour les habitants, la déforestation liée à ces constructions illégales contribue à la disparition progressive d’espèces végétales et animales endémiques à la région.
Malgré des tentatives sporadiques de démolition ou de sensibilisation menées par les autorités locales, le phénomène semble hors de contrôle. La pression foncière et les complicités administratives entretiennent un système parallèle qui échappe à tout encadrement.
Ledemineur.info










