Le quartier de Bonfi, dans la banlieue de Conakry, traverse l’une des périodes les plus sombres de son histoire. Ce mercredi, des centaines de familles se sont réunies pour exprimer leur détresse après l’annonce du naufrage d’une embarcation transportant des migrants guinéens au large des côtes mauritaniennes. La majorité des victimes présumées seraient originaires de leur communauté.
Selon le porte-parole des familles, plus de 300 jeunes avaient quitté Conakry il y a environ deux semaines pour rejoindre la Gambie, première étape d’un voyage clandestin en direction de l’Europe. Bonfi, déjà marqué depuis plusieurs années par la migration irrégulière, voit une nouvelle fois sa jeunesse happée par l’espoir d’un avenir meilleur.
Il y a quelques jours encore, une rumeur relayée dans le quartier affirmait que les migrants avaient atteint l’Europe. Cette annonce avait suscité une vague de joie parmi les familles, raconte le porte-parole. Une joie vite brisée par la confirmation du naufrage, plongeant le quartier dans le désarroi.
Face aux nombreuses spéculations qui circulent, Camara, l’un des représentants des familles, a tenu à démentir les informations évoquant un départ de l’embarcation depuis le port de Bonfi, affirmant qu’aucun départ de ce type n’a été enregistré.
Les témoignages des survivants décrivent une situation extrêmement difficile en Mauritanie, où les rescapés vivent dans des conditions jugées insupportables : absence de soins adéquats, traumatismes psychologiques persistants et grande incertitude administrative.
Entre attentes, colère et incompréhension, les familles de Bonfi espèrent encore obtenir des informations officielles sur le sort de leurs proches. Pendant ce temps, les rescapés tentent de se reconstruire dans un environnement précaire, loin de leur foyer.
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