Conakry, 11 novembre 2025 — Attendue depuis près de trente ans, l’exploitation du gigantesque gisement de fer de Simandou est enfin une réalité. Ce mardi, la junte militaire au pouvoir à Conakry lance officiellement la mise en exploitation du site, au cours d’une cérémonie à forte portée symbolique et politique, organisée dans le port de Morébaya, au sud de la capitale.
Une inauguration très attendue
Les premières tonnes de fer issues du site de Simandou doivent être exportées ce jour, marquant une étape historique pour la Guinée, qui détient l’un des plus grands gisements de fer à haute teneur au monde. Ce projet, longtemps retardé par des différends juridiques, des changements de partenaires et des aléas politiques, devient enfin concret.
Le Comité national du rassemblement pour le développement (CNRD), au pouvoir depuis le coup d’État de 2021, fait de Simandou le pilier central de sa stratégie de développement et de communication. La junte y voit non seulement un levier économique majeur, mais aussi un symbole d’unité nationale et de souveraineté retrouvée.
Un événement hautement politique
L’inauguration réunit plusieurs invités de marque, dont deux chefs d’État africains proches du président de la transition, Mamadi Doumbouya : le Gabonais Brice Clotaire Oligui Nguema et le Rwandais Paul Kagame.
Leur présence témoigne du soutien diplomatique dont bénéficie le régime guinéen sur le continent.
Le général Oligui Nguema avait déjà marqué les esprits, lors de son investiture le 3 mai dernier, en transmettant symboliquement un flambeau à Mamadi Doumbouya. Quant à Paul Kagame, il entretient avec le chef de la junte des relations régulières et cordiales. À partir du 12 novembre, Conakry accueillera d’ailleurs un sommet sur l’intelligence artificielle organisé par Smart Africa, structure rwandaise dirigée par Kigali.
Un pari économique colossal
Baptisé « Simandou 2040 », le programme de développement lancé par le CNRD ambitionne de transformer la Guinée en une puissance minière et industrielle régionale.
Selon un rapport du FMI, l’exploitation du gisement pourrait générer une hausse du PIB de près de 26 % d’ici à 2030, en plus de dizaines de milliers d’emplois directs et indirects déjà créés.
Pour le gouvernement, le fer de Simandou doit être pour la Guinée ce que le pétrole fut pour les pays du Golfe : une ressource stratégique capable de propulser le pays vers un développement durable et une meilleure intégration dans les chaînes de valeur mondiales.
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