Conakry, 27 septembre 2025 – La décision du général Mamadi Doumbouya d’accorder, le 28 mars dernier, une grâce présidentielle à Moussa Dadis Camara continue de susciter une vive controverse. L’ancien chef de la junte, condamné en août 2024 à vingt ans de prison pour sa responsabilité dans le massacre du 28 septembre 2009, a été libéré pour raisons de santé et transféré au Maroc en avril.
À l’approche du seizième anniversaire de cette tragédie – au moins 156 opposants tués et des centaines de femmes violées au stade de Conakry – le haut-commissaire des Nations unies aux droits de l’homme, Volker Türk, a renouvelé son appel en faveur de l’annulation immédiate de cette grâce.
« La décision des autorités militaires de gracier et de libérer l’ancien président Moussa Dadis Camara, reconnu coupable de crimes contre l’humanité, est particulièrement préoccupante », a déclaré M. Türk. « Le droit international interdit les grâces pour des crimes aussi graves. »
Les ONG dénoncent une atteinte à la justice
Plusieurs organisations internationales, dont Amnesty International et Human Rights Watch, ainsi que des associations de victimes guinéennes, ont également condamné la décision présidentielle. Elles estiment qu’elle « sape l’État de droit » et « prive les victimes de leur droit à la justice et à la réparation ».
Selon elles, la grâce a été accordée avant même l’issue de la procédure d’appel, compromettant ainsi l’intégrité du processus judiciaire.
Les attentes des victimes
Pour les rescapés et les familles des victimes, cette mesure ravive la crainte d’une impunité persistante dans un pays marqué par des décennies de violences politiques. Ils demandent non seulement l’annulation de la grâce, mais aussi des garanties de non-répétition et la mise en œuvre effective des réparations promises.
Un test pour la transition guinéenne
La gestion de ce dossier sensible apparaît comme un test majeur pour les autorités de transition en Guinée, régulièrement interpellées par la communauté internationale sur leur respect des droits humains. À l’heure où le pays s’apprête à commémorer le 16e anniversaire du massacre du 28 septembre, la pression monte pour que justice soit rendue aux victimes et que l’impunité cesse.
Ledemineur.info










