Il faut croire que certains ont trouvé une nouvelle distraction nationale : tirer à boulets rouges sur le Elhadj Ibrahim Bah, Secrétaire Général adjoint des Affaires Religieuses, simplement parce qu’il a dit OUI au projet de nouvelle Constitution guinéenne.
Mais enfin, soyons sérieux ! Depuis quand porter un polo floqué « OUI à la nouvelle Constitution » est devenu un crime d’État ? À ce rythme, bientôt on va instaurer une police des vêtements : attention à la couleur de vos lacostes, on pourrait vous accuser de haute trahison !
Les plus virulents répètent à qui veut l’entendre qu’« un imam ne doit pas se mêler de Constitution ». Comme si l’imam était une créature tombée du ciel uniquement pour diriger les prières et disparaître aussitôt dans les nuages.
Un petit rappel ne fait pas de mal : Elhadj Ibrahim n’est pas seulement imam, il est aussi citoyen guinéen, détenteur d’une carte d’électeur, avec les mêmes droits et devoirs que n’importe qui. La Constitution appartient au peuple, pas au Président. Et si elle appartient au peuple, alors chaque citoyen a le droit de dire OUI, NON, ou même « peut-être » s’il est d’humeur indécise.
Ce qui choque, ce n’est pas qu’on dise NON au projet de Constitution. Non, ce qui choque, c’est qu’au lieu de débattre, certains préfèrent insulter, salir et transformer les réseaux sociaux en tribunal.
Or, la démocratie, ce n’est pas l’uniformité. C’est accepter que ton voisin dise le contraire de toi, et qu’après le débat, vous puissiez quand même partager le même plat de riz au poisson sans vous étrangler avec les arêtes.
Si vous pensez que le NON est la meilleure option, défendez-le avec arguments, conviction et passion. Mais de grâce, laissez Elhadj Ibrahim porter son polo en paix. Ce n’est qu’un tissu, pas une fatwa !
Au final, Elhadj Ibrahim n’a commis ni crime républicain, ni péché islamique. Il a juste exercé un droit fondamental : exprimer son opinion. Et cela, mes chers amis, n’est pas négociable.
Le jour du vote, chacun sera libre d’écrire OUI, NON, ou même de dessiner une fleur dans l’isoloir (même si, pour la Commission électorale, ça risque de poser problème ). Mais une fois sortis des urnes, n’oublions pas que nous restons tous guinéens, avec ou sans polo.
Alors, laissons les idées s’affronter, mais gardons les personnes en paix. Car au fond, une Constitution peut changer… mais notre capacité à vivre ensemble, elle, doit rester inébranlable.
Oumar Diané,
Diplomate en charge de la communication à l’Ambassade de Guinée en Égypte










