Décidément, sous le CNRD, la boussole de la justice semble avoir cédé la place à la violation répétée de la loi. Ce vendredi 22 août 2025, l’opinion nationale et internationale a découvert, par le biais des réseaux sociaux et des médias, une décision du ministère de l’Administration du territoire et de la Décentralisation (MATD) suspendant plusieurs partis politiques, dont l’Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG).
Le seul motif invoqué serait le non-respect de l’injonction du 14 mars 2025 qui enjoignait à l’UFDG d’organiser son congrès national dans un délai de 45 jours. Mais à l’analyse des faits, il apparaît que le parti n’est nullement responsable de ce retard : à deux reprises, l’UFDG a convoqué son congrès, avant que celui-ci ne soit interdit, d’abord par la justice, puis par le MATD.
Chronologie des faits
- 29 octobre 2024 : Le MATD publie un rapport d’évaluation reprochant à l’UFDG l’absence de congrès et d’élus, ainsi que des irrégularités administratives. Le parti transmet à nouveau ses documents.
- 29 janvier 2025 : La Direction nationale convoque officiellement son congrès pour les 19 et 20 avril.
- 28 février 2025 : Le Tribunal de première instance de Dixinn suspend le congrès jusqu’à décision dans le litige opposant l’UFDG au ministre Ousmane Gaoual Diallo.
- 14 mars 2025 : Le MATD ordonne l’organisation du congrès dans un délai de 45 jours. Mais, lié par la décision judiciaire, l’UFDG reporte son congrès.
- 23 mai 2025 : Le tribunal autorise finalement la tenue du congrès et ordonne la réintégration de M. Ousmane Gaoual. L’UFDG interjette appel sur ce dernier point uniquement. La partie autorisant le congrès devient donc définitive.
- 28 mai 2025 : Nouvelle convocation du congrès pour le 6 juillet.
- 27 juin 2025 : Le MATD interdit une nouvelle fois le congrès, en contradiction flagrante avec la décision judiciaire.
- 30 juin 2025 : Cellou Dalein Diallo saisit la Cour suprême pour abus de pouvoir.
- 2 juillet 2025 : L’UFDG dépose un recours en annulation devant la Cour suprême, assorti d’une demande de sursis.
- 21 août 2025 : Les débats s’ouvrent devant la Cour suprême, avec un verdict attendu le 28 août.
- 22 août 2025 : Avant même le jugement, le MATD annonce la suspension de l’UFDG pour 90 jours.
Une sanction contestée
Pour les dirigeants du parti, cette suspension est « une décision illégale et arbitraire ».
« Dans un État de droit, on ne peut pas interdire à un parti d’organiser un congrès et, ensuite, le sanctionner pour ne pas l’avoir fait », dénonce la Direction nationale de l’UFDG.
Le parti assure n’avoir, à ce jour, reçu aucune notification officielle de cette mesure et annonce qu’il réagira publiquement à travers une déclaration officielle prévue le lundi 25 août 2025.
Ledemineur.info










