Vers un modèle de structuration de notre département de santé pour un management réussi, une amélioration de la qualité des soins et un système de santé plus résilient et performant .
En effet, La République de Guinée à l’instar de nombreux pays issus de la colonisation a adopté un modèle de gestion qui aujourd’hui selon moi ne reflète plus les besoins de la population ou tout du moins ne répond pas efficacement aux réalités actuelles de problème de santé publique.
De ce fait il serait extrêmement important de réfléchir sur un modèle de structuration de notre département qui aura une influence sur le management d’une part et l’offre des soins d’autre part.
Ce modèle s’appuiera sur la création de directions et d’agences spécialisées pour une meilleure efficacité.
1. Gouvernance et Organisation
Le ministère de la santé, sous l’autorité d’un ministre, serait réorganisé pour plus d’efficacité. La structure pourrait inclure :
– Secrétariat Général : Assure la coordination administrative et la mise en œuvre des politiques.
– Un chef de cabinet: qui assurera une fonction politique et administrative axée sur la gestion et la coordination. Veillera à ce que le cabinet fonctionne de manière efficace et que le ministre soit bien préparé et soutenu dans ses fonctions.
– Une inspection générale de la santé pour surveiller la qualité des soins et la conformité.
– Un Conseil National de la Santé (CNS): Un organe consultatif qui rassemblera des experts, des représentants de la société civile et des professionnels de la santé pour orienter les politiques.
– Une Direction Nationale de la Santé Publique : qui sera Chargée de la surveillance épidémiologique, des campagnes de vaccination, et de la prévention des maladies.
– Direction Nationale des Ressources Humaines : Responsable de la formation, de la gestion et du déploiement du personnel de santé.
– Direction Nationale des Infrastructures et de l’Équipement : Planification, construction et maintenance des infrastructures sanitaires.
2. Décentralisation des directions régionales
Ce modèle propose une délégation des pouvoirs et des budgets aux niveaux régionaux et préfectoraux.
a ) Niveau Régional.
Chaque région serait dotée d’une Direction Régionale de la Santé (DRS), avec une autonomie de gestion. La DRS serait responsable de la coordination des services de santé dans sa région, de l’allocation des ressources et de la supervision des hôpitaux régionaux.
b) Au Niveau Préfectoral nous aurons toujours la Direction Préfectorale de la Santé (DPS) qui supervisera les centres de santé préfectoraux et les postes de santé ruraux. Elle serait le premier échelon de mise en œuvre des politiques de santé, avec une proximité accrue avec les populations.
3. Agences et Organismes Spécialisées
Pour une meilleure résilience face aux crises sanitaires (comme les épidémies), des agences spécialisées et autonomes seraient créées à savoir:
– Agence Nationale de la Gestion des Crises et des Urgences Sanitaires (ANGCUS) : Chargée de la préparation, de la réponse et de la coordination en cas d’urgence sanitaire majeure. Elle aurait des stocks stratégiques de médicaments et d’équipements. Cette agence pourrait remplacer ANSS actuelle.
– Agence Guinéenne de la Pharmacie et des Médicaments (AGPM) : Régulation, contrôle de la qualité des médicaments et des produits pharmaceutiques en lieu et place de la Direction Nationale de pharmacie et médicaments
– Fonds National de Développement Sanitaire (FNDS) : Un fonds public pour financer des projets de santé, l’achat d’équipements et la formation du personnel.
4. Avantages du Modèle
– Performance accrue : La décentralisation permet une réponse plus rapide et adaptée aux besoins locaux.
– Résilience renforcée : La création d’une agence spécialisée pour les urgences sanitaires améliore la capacité de réponse du pays.
– Efficacité et transparence : La séparation des fonctions (gouvernance, régulation, services) favorise une meilleure gestion et une réduction de la corruption.
– Meilleure couverture sanitaire : Un accent mis sur les structures préfectorales et les postes de santé permet d’atteindre les populations éloignées.
Enfin ce modèle sera complété par des conseillers qui pourront travailler avec le conseil National de la santé .
Nous devons revoir nos priorités en matière de santé publique et j’en suis sûr et certain que des réponses appropriées pourront nous permettre d’améliorer la qualité des soins sur toute l’étendue du territoire.
Dr Mohamed Fanta Condé










