Conakry, 21 novembre 2025 – Le Bureau des droits de l’homme de l’ONU a exprimé, jeudi, sa vive inquiétude face à la « disparition forcée présumée » de plusieurs membres de la famille de l’artiste et opposant guinéen Elie Kamano.
Selon le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme, des hommes armés ont fait irruption dimanche vers 4 heures du matin au domicile de M. Kamano à Conakry. Ils auraient emmené deux de ses fils, deux de ses neveux – tous mineurs – et un de ses cousins. Seul le plus jeune des enfants, âgé de 7 ans, a été relâché depuis.
Des médias guinéens ont diffusé une vidéo publiée par l’artiste en exil, dans laquelle il dénonce l’enlèvement nocturne de plusieurs membres de sa famille et critique la junte au pouvoir.
« Nous exhortons les autorités à prendre toutes les mesures nécessaires pour assurer leur retour immédiat et en sécurité […] ainsi qu’à mener une enquête rapide, approfondie et impartiale sur leur disparition et à traduire les responsables en justice », a déclaré Seif Magango, porte-parole du Haut-Commissariat.
Fin septembre, le Haut-Commissaire aux droits de l’homme, Volker Türk, avait signalé la disparition d’au moins une dizaine de personnes après leur arrestation par les forces de sécurité, une tendance qui semble en augmentation.
Outre les proches de M. Kamano, le bureau de l’ONU demande des informations sur le sort et le lieu de détention d’au moins cinq autres personnes présumées victimes de disparition forcée : les militants Foniké Mengué et Mamadou Billo Bah, l’ancien secrétaire général du ministère des Mines Saadou Nimaga, et le journaliste Habib Marouane Camara.
Pour le Haut-Commissariat, ce nouveau cas illustre un recul généralisé des droits fondamentaux en Guinée depuis l’arrivée de la junte au pouvoir il y a trois ans.
Ledemineur.info










