« Aujourd’hui, je suis un peu soulagé car cela allait être difficile pour moi. Avec la rareté des clients, je ne savais pas où trouver l’argent pour enlever le loyer annuel et déménager mes marchandises. Avec la Transition, nous avions beaucoup d’espoir, mais au fil du temps, les anciennes habitudes sont revenues, et on ne sait plus à quel saint se vouer. Ce sont toujours les mêmes histoires. On privilégie les riches et on néglige les pauvres populations », a martelé ce commerçant, visiblement déçu.
La date limite est désormais fixée au 15 avril 2025. Mais comme Souleymane Baldé, Aminata Soumah, vendeuse de condiments depuis plus de trois ans au marché Cosa, demeure inquiète. Elle se pose la question : où ira-t-elle après cette date pour évacuer ses produits ?
« Nous souffrons énormément. La femme guinéenne ne sait plus où donner de la tête. Je suis mère de six enfants, mon mari est malade, et mes enfants étudient dans des écoles privées. Toute la charge de la famille repose sur mes seules épaules. Nous essayons de nous débrouiller comme nous pouvons, nous sommes les premières à nous lever et les dernières à nous coucher. Alors, nous demandons aux autorités de prêter une attention particulière à nos problèmes. Même un an, c’est trop court. Où allons-nous ? Je suis sans réponse. Un lieu public devrait appartenir à tout le monde. Mais après, est-ce que je peux louer une boutique pour mes condiments ? Non. Aujourd’hui, c’est la fin de tout espoir pour moi. Je suis tout simplement déçue par ce contrat de bail qui n’arrange pas les pauvres vendeuses que nous sommes », a-t-elle expliqué.
En revanche, repousser la date limite à l’approche du mois de Ramadan est une bonne nouvelle pour Mamadou Diallo, qui gère une boutique d’alimentation générale.
« Après plusieurs heures de négociations à la mairie de Lambanyi, un terrain d’entente a été trouvé. Au lieu d’un délai de 72 heures, c’est une excellente nouvelle pour nous, les occupants du marché, car nous sommes désormais autorisés à rester sur les lieux jusqu’au 15 avril prochain. Mais après ça, que faire ? J’ai dit à mon fournisseur d’arrêter d’abord notre contrat, c’est un choc. En attendant que le Ramadan passe, je ne peux pas me projeter dans l’avenir, je m’en remets à Dieu », a-t-il conclu.
En attendant le 15 avril, les commerçants du marché Cosa savourent une victoire, bien que temporaire, après une période d’inquiétude totale liée à l’ultimatum qui expiraient ce mercredi 19 février 2025. Comme au marché Belvédère, à Cosa, un moratoire est en place, et chaque commerçant vaque à ses occupations, profitant de ce répit. Toutefois, cette victoire reste partielle face aux projets de réaménagement et de modernisation du marché.
Amadou DIALLO