Lors de l’assemblée générale hebdomadaire du parti Union des Forces Républicaines (UFR), dirigé par Sidya Touré, des inquiétudes majeures ont été exprimées sur une possible militarisation du pays à l’approche de la fin de la transition. Ces préoccupations ont été portées par Mouctar Kalissa, secrétaire général du Conseil des jeunes de l’UFR, qui a vivement dénoncé le déploiement massif de blindés dans les rues de la capitale guinéenne, Conakry.
«Vous avez vu aujourd’hui le déploiement des blindés dans les différentes rues de Conakry, ou dans les grandes artères de Conakry. La démonstration de force vis-à-vis d’un peuple non armé. Les blindés circulent maintenant. Deux, trois, quatre qui se suivent. Du trafic d’influence. Est-ce que, d’ici le 30 décembre, ils ne vont pas militariser le pays ? Certainement, ils peuvent militariser tout le pays, et que la Guinée devienne Birmanie. C’est possible.»
Mouctar Kalissa a également attiré l’attention sur les effets potentiels de cette militarisation sur les jeunes générations, évoquant un climat de méfiance croissante parmi les citoyens.
« En Ukraine, même dans les rues, il n’y a pas des déploiements d’armements comme ça. En plein centre-ville, les enfants qui grandiront, ils grandiront avec les effets de méfiance dans leur tête.»
Le secrétaire général du Conseil des jeunes de l’UFR a en outre remis en question les priorités du gouvernement, soulignant les investissements considérables dans les équipements militaires au détriment d’autres secteurs cruciaux pour le développement du pays.
« On se demande 10 millions de dollars investis pour l’achat des armements, et si ces 10 millions de dollars étaient investis dans l’agriculture, pour réchauffer le taux de suffisance alimentaire de notre pays, cela aurait été suffisant. Donc, ce sont des informations que nous ne devons pas prendre à la légère.»
Il a conclu en alertant sur la possibilité que le pays se transforme en un véritable état de siège, où les soldats seraient déployés dans tous les quartiers pour empêcher toute forme de regroupement populaire.
« Certainement, d’ici le 27 décembre, comme ce sont les blindés qui circulent, ce sont les soldats qu’on peut déployer dans les différents quartiers pour empêcher le regroupement des uns et des autres. Donc, la Guinée se transforme en Birmanie, où les soldats sont dans tous les quatre coins du pays.»
Ces déclarations révèlent des inquiétudes croissantes au sein de l’UFR concernant la direction prise par la Guinée sous la transition actuelle.
Amadou DIALLO










