La Guinée, depuis son indépendance, n’a jamais véritablement manqué de textes juridiques bien rédigés. Plusieurs constitutions s’y sont succédé, souvent adoptées dans des contextes de rupture politique, avec l’ambition affichée de poser les fondements d’un État de droit. Mais dans la pratique, ces textes sont restés largement inappliqués, voire volontairement contournés.
Maître Almamy Traoré, avocat au barreau de Guinée, dresse un constat sans complaisance :
« La Guinée n’a jamais véritablement souffert d’un déficit de textes constitutionnels. En revanche, elle a constamment manqué d’hommes d’État capables de respecter les institutions républicaines et d’en garantir l’effectivité. Les textes de loi parmi les plus aboutis y ont été adoptés ; mais qu’en est-il de leur application concrète ? »
Le problème ne réside donc pas dans la qualité des textes, mais dans leur appropriation par les élites et leur respect par les institutions.
À l’heure où la Guinée est engagée dans une nouvelle transition constitutionnelle, cette interpellation invite à dépasser le formalisme juridique pour poser la question essentielle : comment construire une véritable culture républicaine fondée sur le respect des règles et la responsabilité des gouvernants ?
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