Alors qu’ils espéraient être reçus ce lundi par le procureur général près la Cour d’appel de Conakry, les avocats se sont heurtés à une fin de non-recevoir. Fallou Doumbouya leur a demandé de saisir son bureau par voie écrite, refusant tout échange direct concernant l’enlèvement et la séquestration de leur confrère, Me Mohamed Traoré.
Un affront que la délégation du Barreau, conduite par Me Faya Gabriel Kamano, président par intérim, n’a pas laissé passer. S’exprimant devant la presse, il a dénoncé une inertie préoccupante du parquet face à un acte grave touchant un membre du corps judiciaire.
« Nous lui avons fait observer que ce qui arrive là, arrivera à chacun. Au temps du CNDD, c’était la même chose. Les magistrats nous ont dit la même chose. Jusqu’à ce que Fernandez, procureur à Mafanco, soit arrêté dans son propre bureau. La roue de l’histoire tourne », a-t-il lancé, en guise de mise en garde.
Pour le Barreau, ce refus de dialogue traduit un malaise plus profond : une justice silencieuse face à des atteintes graves aux droits fondamentaux, notamment la liberté et l’intégrité physique d’un avocat.
Me Kamano a aussi rappelé les précédents vécus dans la sous-région et même en Guinée, où des personnalités comme Charles Wright ont été humiliées, avant d’être soutenues par la même corporation qu’on tente aujourd’hui d’ignorer.
Le Barreau maintient sa ligne : boycotter les audiences pendant deux semaines, exiger des réponses claires sur l’affaire Traoré et alerter l’opinion publique sur les dangers que court l’État de droit si l’impunité continue de régner.
Ledemineur.info










