Depuis l’arrivée du CNRD à la tête du pays le 5 septembre 2021, les forces vives de Guinée, constituées de partis politiques et d’organisations de la société civile, semblent inébranlables dans leur revendication : la fin de la transition, exigée depuis le 31 décembre dernier. Pour mieux se faire attendre, elles appellent a une manifestation pacifique ce lundi . Cependant, dans le Grand-Conakry, cette situation suscite des réactions diverses parmi les citoyens.
Pour Mariama Camara, le dialogue reste la meilleure option. Elle explique :
“Le dialogue est préférable, car même si des manifestations éclatent à Conakry, on connaît d’avance la conclusion : des morts, des blessés, des dégâts matériels, et la vie continue le lendemain. Pour moi, c’est le dialogue, même si c’est juste un semblant de dialogue. Des vies humaines sont en jeu, et cela n’a pas de prix.”
À Lambagny, nous rencontrons Fodé Sylla, mécanicien, qui exprime également son point de vue :
“La conclusion, c’est toujours se retrouver autour de la table pour discuter et trouver une issue à la crise. Pour moi, aujourd’hui, refuser de dialoguer, c’est faire preuve de mauvaise foi. Personne ne doit rejeter la main tendue du gouvernement,” souligne-t-il.
À la Tanerie, un autre citoyen partage son inquiétude :
“Les forces vives doivent comprendre que l’heure n’est plus aux manifestations de rue. Ce temps est révolu en Guinée. S’ils n’ont pas d’autres solutions que de conduire les citoyens à l’abattoir, qu’ils se taisent et laissent la transition suivre son cours. Rappelez-vous des événements sous le régime du capitaine Moussa Dadis Camara, où plus de 150 vies ont été perdues. Nous n’avons pas oublié. Nous vivons encore avec ce souvenir dans nos consciences.”
Enfin, Souleymane Traoré, commerçant, interpelle les acteurs politiques :
“Si vous, les journalistes, pouvez vous déplacer, c’est grâce à la paix. Rejeter le dialogue à cause de petites divergences n’est pas normal. Nous avons déjà été victimes des manifestations de rue ici en Guinée, notamment sur cet axe. Je lance un appel à tous les acteurs, au CNRD comme aux forces vives, pour qu’ils œuvrent à la consolidation de la paix. Il ne faut pas que, pour une question de temps, on mette en péril l’avenir de ce pays.”
Alors que la Guinée se trouve à un tournant crucial de son histoire, les citoyens, dans leur diversité d’opinions, appellent à la retenue et à la sagesse, espérant que les dirigeants sauront privilégier la stabilité plutôt que le chaos.
Amadou DIALLO










