Dr. Morissanda Kouyaté la diplomatie de la dignité, ou le refus de plier. Il y a des ministres qui occupent une fonction. Et il y a ceux qui l’incarnent. Depuis octobre 2021, Morissanda Kouyaté ne se contente pas de diriger la diplomatie guinéenne : il lui imprime un cap, un ton, une colonne vertébrale. Celle de la dignité.
Médecin de formation, militant de conviction, il s’est fait connaître bien avant les lambris du pouvoir pour son combat acharné contre les mutilations génitales féminines. Son engagement lui a valu, en 2020, le prestigieux Prix Nelson Mandela des Nations Unies, reconnaissance internationale d’une lutte menée au péril de sa sécurité. Dès 2012, il fut l’initiateur d’une résolution onusienne historique contre l’excision, fléau qui touche plus de 200 millions de femmes et de filles à travers le monde. Un combat de principe. Un combat d’humanité.
Aujourd’hui, c’est sur le terrain diplomatique qu’il poursuit la même logique : défendre, protéger, restaurer.
Une diplomatie de fermeté assumée. Face aux pressions de certains partenaires européens sur les questions migratoires, Morissanda Kouyaté a choisi la clarté plutôt que la complaisance. Refus de la reconnaissance faciale imposée pour identifier des migrants. Refus des expulsions jugées arbitraires. Refus d’une coopération qui humilierait les citoyens guinéens.
«La Guinée ne sera pas un paillasson», a-t-il lancé. Une phrase choc, devenue symbole d’un repositionnement diplomatique. Lorsque la menace de blocage des visas fut brandie, sa réponse fut tout aussi tranchante : «Bloquez-les.»
Derrière la formule, une conviction : la souveraineté n’est pas négociable, la dignité n’est pas monnayable.
Restaurer l’État, protéger la diaspora. Sous son impulsion, l’accès aux passeports et aux documents d’identité pour les Guinéens établis à l’étranger a été fluidifié, mettant fin à une période de désarroi administratif. La diplomatie cesse d’être abstraite : elle devient un service public concret.
Ancien expatrié lui-même, contraint de mettre sa famille à l’abri aux États-Unis à cause de menaces liées à son combat contre l’excision, il parle d’expérience. Il connaît l’exil, ses peurs, ses humiliations silencieuses. Cette mémoire personnelle irrigue son action publique.
Il revendique agir en cohérence avec la vision du président Mamadi Doumbouya : faire de la Guinée un État respecté, protecteur de tous ses enfants, où qu’ils se trouvent. «L’État est une mère», aime-t-il rappeler. Et une mère ne renonce pas à ses enfants.
Une voix panafricaniste, une ligne claire. Sa diplomatie est parfois jugée abrasive. Elle est surtout lisible. Souveraineté, unité nationale, respect mutuel. Dans un contexte international marqué par les rapports de force, il choisit d’assumer le bras de fer plutôt que l’effacement.
Dr. Morissanda Kouyaté n’est pas un diplomate de salon. Il est un militant devenu ministre. Un homme qui transpose dans l’arène internationale les valeurs sociales qui ont façonné son parcours : défense des femmes, protection des vulnérables, dignité des peuples.
À l’heure où les nations africaines redéfinissent leurs partenariats, la Guinée avance avec une voix plus ferme. Plus exigeante. Plus fière.
Et au centre de cette mue, un homme convaincu que la diplomatie n’est pas l’art de plaire, mais l’art de tenir debout.
Billy Keita, Juriste










