Le DASAF est un espace stratégique dédié à la concertation entre les gouvernements, les organisations féministes, les jeunes, les professionnels de santé et les partenaires techniques de l’Afrique francophone.
Ce rendez-vous international rassemble à Conakry 400 actrices et acteurs venus de 22 pays, mobilisés autour du thème central : « Unifier nos voix et s’engager pour des choix reproductifs en Afrique francophone ».
Cette rencontre vise à créer un cadre inclusif de dialogue et d’action, à évaluer les progrès réalisés, à partager les bonnes pratiques et à définir des actions concrètes pour un accès équitable aux services de santé reproductive dans un écosystème durable et féministe.
Depuis la prise de pouvoir par le CNRD, le 5 septembre 2021, la Guinée a enregistré des avancées notables dans la promotion des droits des femmes, la protection de l’enfance et le respect des droits humains, en particulier ceux des personnes vulnérables.
Cependant, la ministre de la Promotion féminine, de l’Enfance et des Personnes vulnérables, Charlotte Daffé, a tenu à rappeler que des défis demeurent : « La mortalité maternelle, les grossesses précoces et les mariages d’enfants restent des préoccupations majeures », a-t-elle déclaré.
Elle a affirmé que les efforts du gouvernement sont redoublés pour protéger les femmes, renforcer les services de santé et promouvoir l’éducation des filles.
« En accueillant le DASAF, nous affirmons nos priorités, en cohérence avec le droit positif : garantir la santé maternelle, prévenir les grossesses non désirées, réduire les décès maternels évitables, et assurer la dignité des femmes et des filles. (…) Nous croyons en la responsabilité collective. Le gouvernement guinéen appelle les partenaires à renforcer leur appui aux initiatives communautaires, éducatives et sanitaires pour réduire les inégalités. (…) Au nom de la République de Guinée, je réitère notre engagement à poursuivre les réformes en faveur de l’autonomisation des femmes, de la protection de l’enfance et de l’inclusion sociale », a précisé Mme Daffé.
La tenue de cette 3ème édition du DASAF à Conakry envoie un signal fort de la part des autorités de transition. Cet événement offre aux acteurs du mouvement un espace pour se rassembler, échanger et renforcer les synergies autour des enjeux communs tels que la mortalité maternelle, les droits reproductifs, les grossesses non intentionnelles et l’accès aux services de santé reproductive.
Au nom du Comité scientifique et technique du DASAF 2025, et des jeunes et féministes du mouvement ODAS, Brian Sossou a insisté sur la nécessité de tirer parti de cette plateforme pour :« Capitaliser les progrès réalisés dans nos pays, mettre en valeur les initiatives locales, identifier les freins et les leviers du changement, et construire ensemble un avenir commun pour les choix reproductifs ».
Il a ajouté : « Nos discussions sur le leadership, les normes sociales, le financement ou encore la durabilité ne sont pas uniquement techniques. Ce sont des enjeux stratégiques pour l’avenir de nos sociétés. À l’issue de ces trois jours, nous espérons repartir avec des recommandations solides, des alliances renforcées et des engagements concrets. Le dialogue doit générer des solutions concrètes, adaptées aux contextes locaux, respectueuses des cultures et ancrées dans les droits humains ».
Le Centre ODAS participe également à cette édition du DASAF. Depuis sa création en 2021, il s’est imposé comme un acteur majeur, en rassemblant différents profils autour d’une conviction commune : « Faire en sorte que les femmes et les filles d’Afrique francophone aient droit à la dignité et au choix ».
S’exprimant au nom du Conseil consultatif du Centre, W. Cécile Thiombiano a rappelé l’importance de sortir des approches cloisonnées et de favoriser les solidarités entre acteurs : « Le thème de cette 3ᵉ édition nous invite à dépasser les silos, à renforcer la cohésion entre contextes, société civile, jeunes, féministes et bailleurs, pour faire du Protocole de Maputo et des droits reproductifs une réalité concrète pour toutes les femmes et filles d’Afrique francophone ».
Et d’ajouter : « Nos luttes ne sont pas séparées. Elles convergent vers un même objectif : un continent où chaque femme, chaque jeune fille, peut faire ses choix librement, sans crainte, sans stigmatisation, et sans danger ». Elle a également assuré que son institution continuerait d’apporter des conseils bienveillants.
Au nom des plateformes de la société civile engagées dans cette édition, Tely Sy Soggo a lancé plusieurs appels : « Offrir une information accessible, sans jugement, pour toutes les femmes et les filles ; garantir des services de santé de qualité, disponibles même en zones rurales ; réformer les lois et politiques qui pénalisent les femmes et les professionnels de santé ; et assurer une mobilisation intergénérationnelle et intersectorielle où chacun assume sa part ».
Il a conclu en soulignant que le DASAF doit s’inspirer des expériences positives de pays comme le Bénin ou le Mali, qui ont su dépasser certains obstacles.
Au cours des trois journées de cette 3ème édition, plusieurs thématiques seront développées pour réduire la mortalité maternelle, valoriser les initiatives locales et le leadership africain, soutenir l’innovation, favoriser la collaboration intersectionnelle et consolider un mouvement féministe durable et solidaire.
Les échanges porteront entre autres sur :
• les cadres législatifs et réglementaires pour les DSSR,
• l’innovation et les données probantes dans les services,
• le financement et la durabilité du mouvement,
• les voix féministes, jeunes et communautaires.
Ledemineur.info










