L’annulation par les autorités de la grâce présidentielle accordée à l’ancien chef de la junte, Moussa Dadis Camara, continue de susciter de vives réactions en Guinée. L’avocat Maître David Beavogui est monté au créneau, regrettant ce qu’il qualifie de « rendez-vous manqué avec l’histoire ».
Dans une déclaration rendue publique, l’avocat estime que le peuple guinéen a contribué à « banaliser » le procès des massacres du 28 septembre 2009, au terme duquel Dadis Camara et plusieurs de ses coaccusés avaient été condamnés. Pour lui, l’annulation de la grâce présidentielle représente un recul qui risque de diviser davantage la société guinéenne.
« Œuvrons désormais pour la libération des autres condamnés afin d’avancer. Rendons hommage aux victimes et force à leurs familles », a-t-il plaidé, tout en fustigeant ceux qui réclament l’annulation de la grâce présidentielle. Selon Maître Beavogui, ces voix « manipulent l’opinion avec un double langage » et poursuivent « un agenda caché que les médias publics ne révéleront jamais ».
L’avocat invite également à comparer la situation guinéenne avec celle d’autres pays de la sous-région dirigés par des militaires, comme le Burkina Faso, le Mali et le Niger. À ses yeux, la différence de traitement entre ces nations et la Guinée révèle un « deux poids, deux mesures » au sein de la communauté internationale.
« Le temps étant le meilleur des juges, ouvrons nos yeux si nous voulons voir. Le pays doit avancer », conclut Maître Beavogui, qui appelle à dépasser les clivages pour préserver la stabilité nationale.
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