Dakar, le 10 juillet 2025 – Le chroniqueur politique Badara Gadiaga a été placé en garde à vue mercredi soir par la division spéciale de la cybersécurité. En cause : des propos tenus lors d’un débat télévisé au cours duquel il a évoqué le procès qui avait opposé Ousmane Sonko à Adji Sarr. Il est poursuivi pour « discours contraire aux bonnes mœurs ».
Tout est parti d’un extrait d’émission, massivement relayé sur les réseaux sociaux. Face au député du Pastef Amadou Ba, qui venait de l’accuser de falsification de diplôme, Gadiaga a riposté en affirmant que « le Pastef n’a pas de leçons de morale à donner », en référence à la condamnation d’Ousmane Sonko pour « corruption de la jeunesse » dans l’affaire Adji Sarr. Cette séquence a visiblement suffi à déclencher son interpellation.
Après plusieurs heures d’audition, le chroniqueur a été placé en garde à vue. Une décision qui a aussitôt suscité une vague de réactions, notamment dans les rangs de l’opposition. Plusieurs voix dénoncent une tentative d’intimidation et une volonté des autorités « d’étouffer le débat public » en détournant l’attention des « vrais problèmes » du pays, comme la flambée des prix ou les difficultés budgétaires.
Des organisations de défense des droits humains s’alarment également. Elles y voient une menace directe contre la liberté d’expression au Sénégal. « Il s’agit de liberté d’expression, garantie par la Constitution et sur laquelle on ne doit pas transiger », a déclaré Me Souleymane Soumaré, avocat de Gadiaga. Selon lui, son client n’a fait que « traduire en wolof des extraits du jugement », toujours en vigueur dans l’ordonnancement juridique du pays.
En l’espace de quelques heures, Badara Gadiaga, connu pour son ton sans concession, s’est retrouvé au centre du débat politique sénégalais. Il devrait être présenté devant le juge ce vendredi ou au plus tard lundi pour savoir s’il fera ou non l’objet de poursuites
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