Après des mois de suspens, la liste des biens saisis de l’ex-ministre de la Défense, le docteur Mohamed Diané, enfin dévoilée, révèle une accumulation impressionnante de biens de grande valeur, fruit de pratiques corrompues et de détournement de fonds publics. Condamné à cinq ans de prison et à une amende de 5 milliards de francs guinéens. Ces saisies, qui suivent la chute du président Alpha Condé, s’inscrivent dans la volonté du pays de tourner la page de la corruption et de rétablir l’ordre et la justice.
Les propriétés de Docteur Mohamed Diané se déploient à travers tout le pays, sur des territoires aussi variés que Conakry, Coyah, Forécariah, et Kankan, offrant un aperçu saisissant de l’étendue de sa fortune. À Conakry, plusieurs parcelles ont été confisquées dans les quartiers huppés de Kaloum et Lambanyi, des lieux symboliques de richesse. À Coyah, des terrains stratégiques à Bangouyah ont été mis sous séquestre, tandis qu’à Forécariah, les propriétés de Somayah Madinagbé, autrefois réservées à l’élite, ont été prises d’assaut. À Kankan, ce sont des terres agricoles importantes à Bordeaux, Missira et Karfamoria qui viennent compléter ce portefeuille foncier, témoignant de l’omniprésence de l’ex-ministre dans les affaires économiques du pays.
Mais les biens de l’ancien mînistre de la défense Mohamed Diané ne se limitent pas à des terrains et des propriétés foncières. Des investissements colossaux, dans des secteurs aussi variés que l’hôtellerie de luxe, l’immobilier avec des duplex et des villas de prestige, ainsi que des écoles privées, ont été saisis. La mise sous contrôle d’une ferme avicole et d’une usine d’anacardes souligne l’étendue de son emprise sur l’économie locale, ce qui renforce l’idée d’une fortune bâtie sur des pratiques illicites.
Les autorités ont également saisi ses comptes bancaires dans plusieurs institutions financières, visant à bloquer l’accès à des fonds détournés et à garantir le retour de ces capitaux mal acquis dans les caisses de l’État. Cette saisie sans précédent s’inscrit dans une politique plus large de récupération des biens volés et de rétablissement de l’État de droit, dans un pays longtemps pris en otage par des réseaux de corruption.
La confiscation de ces biens constitue un message fort et déterminé de la part des nouvelles autorités de Guinée : plus aucune impunité pour les prédateurs économiques. En mettant fin à l’enrichissement illicite, ces actions envoient un signal clair aux futurs responsables politiques et aux citoyens du pays : la justice est de retour, et elle ne fait aucune distinction, ni de privilèges, ni de positions. La Guinée, aujourd’hui, prend le chemin de la rédemption et de la transparence.
Amadou DIALLO










